FS

François Saint-Bonnet

Chercheur indépendant

La dissolution, une folie ? La Ve république, régime parlementaire

La dissolution de 2024 a été présentée comme une folie. C’est un jugement psychologique. Sur le plan constitutionnel et dans un contexte de tripolarité politique, elle cristallise deux logiques. En cas de victoire macroniste, celle d’une majorité présidentielle, structurellement minoritaire dans l’opinion. En cas d’échec, comme c’est le cas, celle d’une lecture parlementariste de la Ve république qui force les acteurs politiques à des compromis au sein de coalitions élargies, majoritaires dans l’Assemblée comme dans l’opinion. Loin d’une folie, on peut y voir une saine rationalité constitutionnelle.

De la banalisation des états d’urgence

La banalisation du recours aux états d’urgence fait craindre le spectre de l’état d’exception permanent, un sinistre oxymore. Ce billet se propose de décrire leur transformation. Plus longs qu’auparavant, moins durs, présentés comme conformes aux exigences de l’État de droit, souvent autant « slogans » qu’actions, à la fois anxiogènes et rassurants pour l’opinion, la mutation est telle qu’ils ont rompu le lien avec leur raison d’être : l’urgence. Ce sont en réalité de nouvelles politiques publiques, souillées toutefois par la faiblesse de la délibération démocratique. [1]