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Nicolas Roussellier

Chercheur indépendant

La crise du fait majoritaire est plus profonde que la crise de la Constitution

Une crise sociale, politique et parlementaire s’est ouverte depuis le mois de janvier à propos de la réforme des retraites. Elle ne peut pas être considérée comme une « crise de régime » puisque le gouvernement est parvenu à franchir plusieurs étapes en utilisant les instruments que le régime justement met à sa disposition. Il serait trop simple cependant de la considérer comme une simple crise politique aisément surmontable et qui serait vite oubliée. Plusieurs éléments indiquent que le « fait majoritaire » et même la capacité à faire du « collectif » se trouve aujourd’hui fortement remis en question, surtout à l’Assemblée. Groupes et intergroupes n’ont plus le caractère « fiable » d’autrefois. Il faut dès lors commencer à imaginer une nouvelle vie politique sans « fait majoritaire ».

La composition du nouveau gouvernement : quels enseignements pour l’analyse politique ?

La nomination du Premier ministre comme le choix des membres du nouveau gouvernement permet de faire le point sur les origines de ces acteurs en termes de formation politique. La question des filières privilégiées de recrutement des gouvernants se trouve ainsi posée sous un nouveau jour. Alors que le choix de Jean Castex souligne la capacité d’autorecrutement de la haute fonction publique pour le sommet de l’Etat, les dernières élections municipales semblent faire émerger des filières nouvelles et potentiellement concurrentes.