L’échec du Collège de France à protéger la liberté académique : l’exemple à ne pas suivre

A la demande du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, le Collège de France a décidé d’annuler un colloque international qui devait traiter de « la Palestine et l’Europe ». Si le motif classique invocable pour interdire, a priori , un événement public était jusqu’à présent le risque de trouble à l’ordre public, le Collège de France a fait preuve d’originalité en trouvant d’autres justifications. C’est ainsi qu’outre la volonté de préserver la sécurité, qui n’est mentionnée que laconiquement à la fin du communiqué, sont surtout mis en avant la nécessité de respecter la neutralité politique de l’institution et le besoin de faire prévaloir les exigences d’intégrité scientifique. Aucun de ces deux motifs ne pouvaient pourtant justifier une telle décision attentatoire à la liberté académique.