Chronique du Brexit : octobre 2016

Alors que les premières semaines du nouveau Gouvernement succédant à celui de David Cameron se sont avérées relativement calmes, les difficultés constitutionnelles et politiques liées au Brexit s’amoncellent depuis la rentrée. Outre la crise tragique que traverse le parti travailliste - temporairement mise entre parenthèses par la réélection triomphale de Jeremy Corbyn à sa tête, le Premier ministre Theresa May a bien du mal à fixer un cap en raison des profondes divisions au sein des conservateurs. Deux conceptions s’opposent : le hard Brexit qui implique une rupture brutale avec l’Union européenne par la sortie du marché commun, et le soft Brexit qui suppose le maintien de liens étroits avec le Continent afin de préserver l’économie et l’unité politique du Royaume-Uni. Pour une partie non négligeable de parlementaires, le choix entre les deux options incombe à Westminster, non au 10 Downing Street. Un débat juridique à double détente d’un grand intérêt en résulte : quelle est l’institution compétente pour actionner l’article 50 du TUE et quel est le degré d’implication du Parlement dans le processus de sortie de l’Union européenne ? La High Court de Londres doit se prononcer sur la première question. Son jugement est attendu avec impatience et fébrilité (la High Court de Belfast a déjà rejeté le recours visant à exclure l’Irlande du Nord du Brexit , ce qui aurait été justifié par le cadre constitutionnel particulier des accords du Vendredi Saint). Ces saisines, auxquelles s’ajoute la proposition de référendum sur l’indépendance de l’Écosse, figurent comme les premières manifestations d’une crise qui pourrait potentiellement se résoudre par les mécanismes traditionnels du parlementarisme.

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